Les désastreuses aventures (mince c'est déjà pris)...bon, ben...Pizza Hit, les vicissitudes d'un pizzaïolo (si, si le mot existe bande d'ignares !!)

  • Pfffrrrrrtttttttttttt....Avec le bruit d'un ballon qui se dégonfle, Michel posa lentement ses fesses sur une chaise et son ventre proéminent trouva commode de s'adosser (oui c'est bizarre pour un ventre), de s'adosser disais-je donc, à la table en formica blanc qui avait vue de meilleures années.


    Michel, (Maïkeul pour son gang), regarda d'un œil critique le Pizza Hit...les trous laissés par les balles de la dernière escarmouche donnaient presque du cachet à ce bâtiment en ruines. Quand au reste, mieux valait ne pas s'y attarder, les murs blanchis à la chaux avaient pris une teinte jaunâtre entre 0 et 1 mètre de hauteur, conséquence du laissez-aller des clients, comme des membres de son gang, sans parler des chiens errants du quartier, qui tous semblaient trouver au Pizza Hit un air d'urinoir. Quand aux fenêtres; Michel avait arrêter d'appeler le vitrier après la troisième commande en deux semaines. Enfin, le mobilier, en fer forgé était bosselé et troué à force de servir d'armes ou d'abri au cours du mois écoulé.


    Avec un peu de nostalgie, Michel se rappela son arrivée et son installation. Les clients avaient été attirés par le pizzaïolo qui parlait italien avec un accent français prononcé, et sa carte originale.

    Mais c'était avant que les gangs ne se rendent compte de son existence.

    Heureusement, Michel avait trouvé une protection bienvenue, car il n'était pas le seul pizzaïolo en colère. On a beau être bonne pâte, ce n'est pas une raison pour se laisser rouler dans la farine. Ces quelques mots du fondateur de l'alliance, Sam, l'avait convaincu.


    Pour commencer son gang, c'était facile. Jusque-là trop de petites frappes avaient pris l'habitude de laisser chez lui une ardoise (enfin, si tant est qu'une ardoise puisse faire 3 mètres de long) et une visite "courtoise" de Boumchtatrap, le bras droit de Sam, avait suffit pour les mettre au travail. Peu s'en plaignaient aujourd'hui, car leurs revenus s'étaient tous améliorés..


    Au début, c'était marrant. Pour dealer discrètement, il avait revu sa carte. La pepperoni-bis avait un sacré succès, certains lui trouvait même meilleur goût que l'originale, y compris chez les poulets. Le CokiCola avait mis plus de temps à démarrer, mais on peut dire que la clientèle était devenu "accro", même si c'était plus au sachet collé au fond de la bouteille, qu'à la boisson elle-même. Enfin, La SarDaigne avait aussi rencontrée son public.


    Mais après, la machine s'était emballée, entre le racket des commerces du quartier, la mise sur pied d'un trafic de drogue de plus grande ampleur (qui avait nécessité le recours à quelques cambriolages plus ou moins rémunérateurs) et l'extension du territoire des Calzones, il n'avait plus le temps de revenir à son premier amour : ce plaisir simple de travailler la pâte, de lui donner la forme parfaite et de répartir couche après couche du bonheur jusqu'à l'assaisonnement final...


    Il était temps de passer à autre chose...ouvrir un nouvel établissement ? Capitole offrait des perspectives alléchantes, et son apprenti savait maintenant se débrouiller. Et bien qu'il fut dépourvu de toute forme de créativité culinaire, il saurait tenir le fort au sens propre comme au figuré.


    Un nouvel établissement, une nouvelle carte...décidément cette idée lui plaisait : une pizza Poppers, des tagliatelles aux champignons "spéciaux", et un canelloni prêt à fumer fourré à la résine de cannabis, ....une nouvelle île, une nouvelle carte, il était temps de voir plus grand, plus GRAND !!!